Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : Plusieurs médias sud-coréens, dont les chaînes JTBC et MBC, avaient rapporté jeudi soir que Séoul préparait l’envoi d’équipements militaires dans la région avant la fin de l’année et pourrait demander dès ce mois-ci l’autorisation du Parlement pour cette opération.
Selon ces informations, les options envisagées comprendraient notamment un avion de patrouille maritime, un navire de soutien logistique ainsi qu’une unité chargée de la reconnaissance et du déminage maritime. Les médias avaient également indiqué que Séoul avait engagé des consultations avec plusieurs pays, dont les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, sur la nature et l’ampleur d’une éventuelle participation sud-coréenne.
Un responsable du bureau présidentiel sud-coréen a déclaré aux journalistes que Séoul discutait des moyens concrets de contribuer à garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, confirmant que les mesures militaires figuraient parmi les options examinées.
« Aucune décision n’a été prise », a-t-il précisé.
Le responsable a ajouté que, dans l’éventualité d’une décision d’envoyer des forces ou des équipements, le gouvernement devrait prendre en compte les procédures légales internes, les exigences de préparation militaire dans la péninsule coréenne ainsi que l’obtention de l’autorisation du Parlement.
Il a également qualifié de « fausses » les affirmations selon lesquelles la Corée du Sud n’aurait jusqu’à présent fourni aucune assistance concernant le détroit d’Ormuz. Selon lui, Séoul discute depuis longtemps avec la communauté internationale des moyens concrets de participer aux efforts visant à assurer la sécurité maritime dans cette zone stratégique.
D’après ce responsable, le président sud-coréen Lee Jae-myung pourrait également discuter la semaine prochaine des options concernant le détroit d’Ormuz avec le président français Emmanuel Macron.
Une décision dans un contexte de tensions avec Washington
Cette évolution intervient après que Donald Trump a affirmé récemment, dans un message publié sur le réseau social Truth Social, avoir réduit une partie des exercices militaires conjoints entre les États-Unis et la Corée du Sud. Parmi les raisons avancées par le président américain figurait, selon lui, le refus de Séoul d’aider les États-Unis dans leur guerre contre l’Iran.
Bang Kil-joo, professeur d’études de sécurité internationale à l’Académie nationale de diplomatie de Corée, estime qu’un éventuel déploiement de forces ou d’équipements dans la région pourrait envoyer un message important à Washington.
Selon lui, une telle décision montrerait que Séoul, malgré les tensions récentes avec Washington sur les questions commerciales et d’autres dossiers, reste disposé à assumer ses responsabilités dans le cadre de son alliance avec les États-Unis.
« Le déploiement de forces aiderait la Corée du Sud à gérer les risques liés à son alliance avec les États-Unis et renforcerait sa position en tant qu’allié fiable de Washington, à un moment où les États-Unis demandent à leurs partenaires d’assumer davantage de responsabilités », a-t-il déclaré.
Bang estime toutefois que les options évoquées dans les médias correspondent à une participation d’intensité modérée. Celle-ci pourrait permettre à Séoul de soutenir les efforts internationaux visant à préserver la sécurité et la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, sans pour autant impliquer une participation sud-coréenne à des opérations de combat contre l’Iran.
Une décision soumise à l’approbation du Parlement
En vertu de la législation sud-coréenne, tout déploiement de forces militaires nationales à l’étranger nécessite l’approbation de l’Assemblée nationale.
Cependant, le soutien de l’opinion publique à une telle opération pourrait rester limité. Selon un sondage réalisé en mars par Gallup Korea, 55 % des personnes interrogées s’opposaient à l’envoi de navires de guerre sud-coréens dans le détroit d’Ormuz, tandis que 30 % y étaient favorables.
Selon Reuters, si cette mission était approuvée, elle pourrait constituer le premier déploiement naval sud-coréen en dehors de la péninsule coréenne depuis l’envoi de l’unité Cheonghae dans le golfe d’Aden, en mars 2009, dans le cadre de la lutte contre la piraterie.
Cette unité reste déployée dans les eaux proches de la Somalie et participe aux efforts internationaux visant à assurer la sécurité maritime et à protéger les navires commerciaux.
L’importance du détroit d’Ormuz pour Séoul est également liée à ses besoins énergétiques. L’année dernière, la Corée du Sud dépendait du détroit pour 61 % de ses importations de pétrole brut et 54 % de ses importations de produits pétroliers.
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